24/04/2015

Maintenant, je me noie.


Maintenant, je me noie. Avec ce qui me reste de membres en exercice je ne parviendrai pas longtemps à me maintenir en situation de respirer. D'autant que je panique et lutte, m'agite plus exactement, de la manière la plus inefficace qui soit. C'est donc bientôt la fin, la fin de l'angoisse. Bien que j'aie toujours su que mourir arrivait aux gens, je n'ai jamais cessé d'entretenir le secret espoir de me voir exempter de cette corvée populaire. Un espoir mince mais tout de même un espoir. Il faut de l'espoir. L'espoir est un lubrifiant qui protège de l'usure que produit le frottement de la conscience sur le temps.

Requin / Bertrand Belin