la Paix en ruine, le rien bienfaiteur.
Rien ne nous y préparait… mais c’était inéluctable.
Effectivement nous n’avions rien d’autre à partager que l’amour. Et puisque l’amour ne suffisait pas…nous devions chercher ailleurs.
Était-ce pour ça que nous nous retrouvions quelques-uns ici, pour ce jeu?
Au sein d'une campagne triste, petite ville révolue, au centre de vestiges bucoliques d’une vie de moissons, herbes sèches, sentiers tracés de terres, barrière d’arbustes épineux impénétrables.
Pour un jeu. Un jeu de progressions, de lancés de briques poussiéreuses.
Je suis content de vous retrouver. Mais toi particulièrement, car toi seule distinctement.
Nous avancerons donc chacun notre tour : une procession bon enfant mais solennel, pour nous éloigner et atteindre une paix en ruine, croisant sur notre chemin de vieilles âmes sereines et au plus haut point respectables.
Un gagne terrain sinueux donc, à flanc de collines comme une chaîne ludique inexorable qui nous approche d’un rien bienfaiteur : Une ruine aux grandes ouvertures, hautes et larges fenêtres, un loft rural aux proportions d'un modulor agricole fantaisiste, qu'on aurait oublié ici, mangé depuis par le lierre.
Vous êtes là. Ou plutôt toi seule distinctement. Proche.
Je prends mes marques et m’approprie les volumes de la bâtisse au modernisme obsolète : Jeux de piste sensitifs, parcours acrobatique, traversées de sentiments, jalonnent la boite de béton surplombant un gouffre de végétation dense, aride…
Pour un ennui minimal et un état émotionnel bancal mais fascinant… ou l'équivoque devient besoin essentiel.
Nous nous y installerons. Je pense.
