Chacun des hémisphères (le gauche, le droit) change de couleur à intervalles irréguliers, et projette des vecteurs de pensées plus ou moins rapidement dans toutes les directions. Ces vecteurs sont difficilement analysables et prennent tantôt la forme de flèches, tantôt de disques fins comme du cristal et extrêmement coupants. Ils sont accompagnés d'un bruit sourd et puissant, comme une aspiration, une implosion, suivie d'un climat sensoriel mêlant voix, bruits d'ambiances plus ou moins vécues, images familières floutées et odeurs, le tout sans souci d'assemblage cohérent.
Et l'on se tient en face de cet hologramme du cortex cérébral un peu angoissé, un peu intrigué, essayant en vain d'éviter ces flashs imprévisibles lancés aléatoirement, à toute vitesse... L'accumulation quasi instantanée de ceux ci provoque bientôt un état difficile à encaisser autrement que par le rêve et le sommeil, tant ces reconstitutions, ces impressions, ces sentiments sont insupportables pour qui est un tant soit peu en phase avec la réalité.